Mesures Compensatoires Environnementales, une démarche volontariste des acteurs de l'agriculture.
Dans les Pyrénées-Orientales, trois questions à Michel Guallar, Président de la chambre d'Agriculture...

Michel Guallar
■ Quels enjeux représentent pour l'agricul­ture la mise en œuvre de compensations environnementales dans les Pyrénées- Orientales ?

Les opérations foncières d'envergure obligent en effet les maîtres d'ouvrage à pratiquer des compensations environnementales.
Nous avons décidé d'être partie prenante plutôt que de subir ces opérations.
En effet il ne faut pas que cette obligation de "compensation" viennent comme une con­trainte foncière supplémentaire à rencontre des projets des agriculteurs présents sur le territoire.

Nos enjeux sont donc de participer à ces opé­rations pour :
Répondre à la demande de nos partenaires.
Être cohérent avec nos orientations straté­giques : réintroduire du pastoralisme dans des zones intermédiaires et de plaine.
Mobiliser des crédits sur des secteurs dépour­vus d'aides pastorales pour financer des projets porteurs d'un équilibre économique.

■ Existe-t-il une démarche commune de la part des organismes agricoles pour piloter les acquisitions de foncier faites dans ce cadre ?

Dans les zones permettant d’assurer une compensation écologique, le partenariat apporte une double compétence :

La SAFER apporte sa connaissance du marché foncier et sa capacité de prospecter sur les différents critères.

La Chambre d'agriculture apporte sa capacité à détecter et à mobiliser des agriculteurs ayant une activité économique dans ces zones.

■ Comment l'agriculture peut-elle s'impli­quer dans la gestion des espaces acquis dans ce cadre ?

Je dirais que c'est l'implication de l'agriculture qui donne du sens à ces projets. Notre implica­tion consiste à proposer des travaux d'aména­gement et des investissements éventuels pour rendre le site utilisable par le pastoralisme, rechercher des porteurs de projets pour gérer les espaces concernés en cohérence avec leur activité économique, proposer des mesures de gestion.

Même si nous souhaitons avant tout préserver le foncier agricole de l'artificialisation, nous avons trouvé là, dans le cadre des mesures compensatoires et de ce partenariat Chambre/ SAFER, complémentarité et efficience au service de la reconquête des milieux par l'agriculture. Les activités réintroduites grâce à ce travail en commun, comme l'élevage ovin, pourraient trouver des complémentarités avec les activités voisines comme la viticulture avec la réintro­duction de troupeaux dans les vignes.

Michel Guallar - Président de la chambre d'Agriculture des Pyrénées-Orientales